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( 15 août, 2016 )

De la tige de l’amour à la sève litteraire

Selmy Accilien

Ecrire est une entreprise, une totale entreprise de vivre qui demande l’engagement entier de l’écrivain, si on part de la logique sartienne (Jean Paul Sartre : 1948). Cela me permet d’aborder           l’œuvre de Selmy Accilien : « sur la tige de l’amour », dans le rapport dialectique existant entre l’auteur et l’œuvre. Voilà la clef avec laquelle je m’introduis dans le somptueux jardin que         Selmy propose au public.

Tout naturellement, je n’aime pas trop la botanique, je ne sais pas pourquoi. J’ai commencé à ouvrir le livre avec perplexité. Après la dégustation de quelques mots, je me suis rendu compte que c’était un bain littéraire dans un bassin naturel. J’aime les arbres ( je suis scout), la littérature est mon vin préféré, voilà le secret qui m’enchaine dans le livre de Selmy. L’auteur nous donne la   possibilité de marcher coude à coude avec l’amour dans un espace naturel très sain, avec des personnes de rêves.

La poésie de Selmy réverbère sur les branches de la réflexion des lecteurs le rêve, l’amour, la sincérité, même si parfois des fortes pluies dérangent des journées ensoleillées d’amour.  Le poète se donne la chance de lier l’amour au cadre naturel et fait jaillir sa fleuve poétique. Quand deux hommes se croisent, la littérature tend à être hégémonique. Ainsi, à chaque poème une voix s’élève pour courtiser les mots.

Accilien se présente comme un véritable photographe. Dans chacun de ses  textes, il donne la possibilité de mirer ce qu’il dessine sur sa plume. Dans son poème, « pas trop loin », on peut tailler cette image :

Je vis là,

Cette vie d’abeilles en voyage.

Pas trop loin d’ici

Je construis mon île bleue

Avec le souffle de la tourbe,

Le flux de mon âme,

Et la chlorophylle d’esprits mortels.

 

L’amour souffle avec toute sa pureté, un amour surhumain. La façon dont l’auteur  décore ses textes assure la gestion de l’image qu’on revendique souvent pour l’écriture poétique.

Nous allons danser ce soir

Dans la romance de l’aurore

Il nous fera des promesses de mariage

Avant même qu’il n’épouse sa floraison d’effluve

 

Dans ce livre, Selmy jongle bien avec les mots. C’est pour moi l’un des caractéristiques essentielles d’un poète. Il allie la littérature et la nature végétale pour accoucher des poèmes, à mon sens singuliers. C’est une véritable sève littéraire.

Tout au début j’ai  souligné qu’il faut prendre l’œuvre de Selmy dans sa totalité, avec sa vision du monde. Cela me permet de questionner certains choix de Selmy. Je ne connais pas les femmes que je rencontre dans ses textes. J’ai même l’impression que même ces femmes pour lesquelles il écrit ne se reconnaissent pas dans les mots de Selmy. Les femmes qui captivent sa plume sont  des femmes à cheveux blonds. On ressent une idée d’exile dans sa création littéraire. Il invite Mélina à venir se baigner dans ses yeux de mer d’Egypte

Mélina, il y a une mer dans mon œil,

 Mer d’Égypte

Viens t’y baigner ce soir

 

Avec cette même idée, il souhaite tomber en ivresse  dans   les yeux d’une autre amante  qui a, selon lui, des yeux de ville Paris.  Il a même fait de l’Amazonie le pays de son âme :

Amazonie pays de mon âme

Là où j’habite sans corps d’âme.

Cette situation justifie la confidence qu’il nous fait dans son livre, en nous laissant comprendre que son âme est en pèlerinage dans des pays qu’il ne connait pas.

Mon âme en pèlerinage

Elle voyage dans des pays

Qu’elle ne connaît pas

 

Cette posture du poète qu’il qualifie d’exile pour parler de l’amour est pour moi une lâcheté, un désengagement, une déterritorialisation de l’œuvre de son lieu matériel de création. Si la poésie contient une part d’imaginaire, elle ne doit, en aucun cas se détacher de la situation matérielle de création. Cela me pousse à demander pour qui écrire ? Assurément, Sartre allait me répondre rapidement qu’il n’a de  poésie que par et pour autrui. Mais, il revient à l’auteur de nous dire vers qui est dirigé la sève littéraire circulant dans la tige de l’amour.

 

Jean Verdin JEUDI

3 Commentaires à “ De la tige de l’amour à la sève litteraire ” »

  1. Verdin dit :

    Merci Selmy

  2. Verdin dit :

    Tout le monde est citoyen du monde. Mais ce qu’on écrit porte le poids d’une culture, d’un mode de vie, d’une vision du monde, ce qui renvoie en quelque sorte à la question d’identité.

  3. Selmy dit :

    Ta critique est à la hauteur de mon livre,elle est sincère ,Jean Verdin Jeudi.

    Pour répondre à la question posée.

    Les poètes n’ont pas de patrie.ils sont des citoyens du monde.
    La planète à nous,est notre maison.

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